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Comment on en joue

Comment on en joue

« Quand je fais de la musique électronique, j’essaie que
ça reste organique ; quelque chose que je peux toucher…
J’ai un synthétiseur : ce ne sont que des interrupteurs.
On ne peut pas y mettre sa personnalité
comme avec un violon ou un hautbois.
Le Martenot est le seul instrument électronique
avec lequel on peut faire cela. »
– Jonny Greenwood (Radiohead)

 

Par Jean Laurendeau

Cet instrument électronique exige la présence continue d’un interprète, à qui il offre : un clavier monodique avec vibrato contrôlé, de façon aussi personnelle que celui d’un violon ; un jeu à la bague qui donne aux effets de glissandi une âme véritable ; une touche d’expression permettant les nuances les plus variées, toutes les articulations et tous les modes d’attaque désirables. Ces divers aspects expliquent le témoignage de ceux qui en jouent, selon lequel cet instrument constitue un véritable prolongement tactile et sonore du système nerveux.

Le Martenot offre également un jeu de timbres comportant une grande richesse de coloris. Le timbre électronique « pur », émanant d’une membrane de diffuseur, constitue le son de base de l’instrument. Trois autres timbres fondamentaux conçus par l’inventeur peuvent être utilisés, qui résultent de la mise en résonance d’éléments non électroniques au départ. Ce sont les cordes tendues de la Palme, le gong, les ressorts, tous trois mis en vibration par des moteurs de diffuseurs. Chacun peut être affecté par un dosage d’harmoniques – progressif ou subit – rendant possible la grande variété de timbres. Plus récemment, certains ondistes ont choisi d’ajouter des résonances électroniques au moyen d’une unité de réverbération numérique prolongeant, avec une fiabilité accrue, celles que Martenot avait réalisées à partir d’éléments acoustiques. Enfin, certains ondistes préfèrent utiliser les haut-parleurs standards que l’on trouve sur le marché.

C’est un instrument monodique, au même titre que la voix humaine ou la flûte. Sa tessiture de sept octaves lui permet d’aller, sans interruption, du registre de la contrebasse à celui du piccolo. On l’enseigne en France, en Suisse, et au Japon. Au Canada, le Conservatoire de Montréal en a offert l’enseignement pendant près de trente ans.

 

Texte tiré du livret d’accompagnement du CD musical Olivier Messiaen – Fête des Belles eaux de l’Ensemble d’Ondes de Montréal publié par Atma Classique, 2009